AVRIL 2024

Coup d’envoi du marché de printemps et comment naviguer dans les taux hypothécaires

Le marché de printemps est en marche et l’on observe une augmentation notable des ventes dans tout le pays. Cette évolution pourrait être attribuée à un hiver plus doux, mais il convient également de noter que les acheteurs de logements entrent sur le marché plus tôt que d’habitude, la dynamique des ventes pour 2024 indiquant déjà une hausse précoce.

Le prix de référence national des logements a augmenté pour la première fois depuis juin 2023, atteignant 720 500 dollars en février. Ce chiffre est en hausse de 1,80 % par rapport au mois dernier et de 0,80 % par rapport à l’année précédente.

En février 2024, le ratio ventes/nouvelles inscriptions au Canada (SNLR) s’élevait à 55,6 %, ce qui indique un « marché équilibré ». Dans ce scénario, les vendeurs reçoivent des offres raisonnables pour leurs maisons et les acheteurs ont un large choix à prendre en considération. En général, un SNLR élevé, autour de 60 %, signifie que le marché est favorable aux vendeurs, ce qui signifie que les options sont limitées pour les acheteurs. À l’inverse, un SNLR faible, inférieur à 40 %, indique un marché d’acheteurs, où les vendeurs peuvent avoir du mal à recevoir des offres raisonnables dans un délai raisonnable.

Marchés d’acheteurs ou de vendeurs ?

202404-02

Lors de la réunion d’avril, la Banque du Canada (BOC) a décidé de maintenir son taux directeur à 5 %. Par conséquent, le taux préférentiel de la plupart des prêteurs, qui s’élève en moyenne à 7,20 %, est également resté inchangé. Cette décision apporte un certain soulagement à ceux qui ont des taux variables et des HELOC.

Les taux d’intérêt bancaires sont restés inchangés depuis juillet 2023.

202404-03

La question est maintenant de savoir QUAND nous pouvons nous attendre à ce que les taux commencent à baisser. La Banque centrale européenne a indiqué qu’elle était satisfaite des données actuelles et que, si elles se maintenaient, des baisses de taux pourraient intervenir dès juin-juillet.

Examinons les données les plus importantes utilisées par la Banque du Canada pour évaluer l’orientation des taux futurs :

Croissance du PIB

Cette mesure nous donne un aperçu de la santé de l’économie. Des données récentes de Statistique Canada montrent que la population nationale a connu la plus forte croissance au cours des 66 dernières années. Au 1er janvier 2024, la population du pays atteindra 40 769 890 habitants, soit une augmentation de 3,2 % par rapport à l’année précédente et la plus forte croissance depuis 1957. Plus de 97 % de cette croissance est due à la migration internationale, le reste provenant de la croissance naturelle.

Cette croissance démographique a eu un impact sur la croissance du PIB du Canada. Dans les données les plus récentes de janvier, le PIB réel a augmenté de 0,6 %, dépassant les prévisions des analystes du marché qui tablaient sur 0,40 %. On s’attend à une poursuite de la croissance en février, avec des estimations préliminaires de 0,4 %.

À mesure que l’économie se développe, avec davantage d’immigration et, en fin de compte, davantage de dépenses de consommation, le coût des biens pourrait commencer à augmenter, car la demande s’accroît également.

202404-04

Chômage

Cette mesure indique le pourcentage de personnes sans emploi au sein de la population active. Lorsque le taux de chômage est trop bas, il peut conduire à l’inflation, de sorte qu’une augmentation du chômage peut être considérée comme positive dans les circonstances actuelles.
En mars 2024, le taux de chômage au Canada a atteint 6,10 %, contre 5,80 % en février. Il s’agit du taux le plus élevé depuis octobre 2021, qui dépasse les attentes du marché (5,90 %). Cela correspond aux projections de la Banque du Canada et renforce les arguments en faveur d’une baisse des taux.

IPC (inflation)

L’un des indicateurs les plus importants pour la Banque centrale européenne est la variation moyenne des prix d’un panier de biens de consommation. La BOC cherche avant tout à s’assurer que l’inflation est maîtrisée, car cela influence considérablement ses décisions en matière de taux, et elle vise une fourchette de 2 à 3 % comme point de référence pour un niveau d’inflation acceptable.

L’inflation a diminué régulièrement, mais les données les plus récentes montrent que l’IPC était de 2,90 % en mars, soit une légère augmentation par rapport aux 2,80 % de février. La bonne nouvelle est que cette augmentation était attendue par le marché et qu’elle est principalement due à une augmentation des coûts du gaz compte tenu du climat économique actuel et des conflits. Il convient également de mentionner que si l’on élimine les éléments volatils de l’IPC, nous atteignons un taux de 1,50 %, ce qui est bien inférieur à l’objectif fixé.

Ce chiffre est conforme à l’objectif de la Banque centrale européenne, qui est de maintenir l’inflation entre 2 et 3 %, et constitue un signe positif que les taux plus élevés ont l’effet escompté sur le marché.

202404-06

Prévisions économiques

Les prévisions économiques sont un excellent outil pour comprendre où les taux pourraient évoluer. Ils doivent être examinés avec prudence, car les données changent très rapidement, mais ils sont très utiles pour tenter de prévoir le type de prêt hypothécaire à envisager.

202404-07

En moyenne, la plupart des économistes des grandes banques anticipent une baisse des taux comprise entre 0,58% et 1,00% d’ici fin 2024 par rapport aux niveaux actuels. La prévision moyenne suggère une baisse de 1,00 % d’ici la fin de l’année, certaines projections indiquant une diminution potentielle de 2,45 % d’ici la fin de 2025. Actuellement, le taux au jour le jour est de 5,00 % et le taux préférentiel est de 7,20 % pour la plupart des banques. Une baisse des taux serait un grand soulagement pour les détenteurs d’un prêt hypothécaire à taux variable.

Une baisse de 0,25 % des taux, prévue vers juin ou juillet, se traduirait par une diminution d’environ 20 dollars des paiements d’intérêts mensuels pour chaque tranche de 100 000 dollars, ce qui soulagerait les Canadiens et les entreprises aux prises avec des emprunts à taux élevés.

Pourquoi une solution à taux variable peut-elle être la meilleure option aujourd’hui ?

Au cours des deux dernières années, les personnes ayant des taux variables ont vu leurs taux hypothécaires augmenter de près de 5 %, ce qui a eu un impact significatif sur leurs paiements hypothécaires. Compte tenu des montagnes russes des 24 derniers mois et du conseil conventionnel d’opter pour un taux fixe, l’idée d’envisager un taux variable peut sembler contre-intuitive à beaucoup.

Compte tenu de la forte probabilité que les taux aient atteint leur maximum et de l’anticipation généralisée d’une baisse des taux en 2024, c’est peut-être le moment idéal pour reconsidérer un taux variable.

Si nous comparons le meilleur taux fixe actuel sur 5 ans au meilleur taux variable sur 5 ans et que nous appliquons une baisse de taux totale de 2,00 % au cours des deux prochaines années (selon les prévisions des analystes), vous pourriez potentiellement économiser plus de 2 100 $ sur une durée de 5 ans pour un solde hypothécaire de 500 000 $*. Ce calcul ne tient même pas compte des baisses de taux potentielles au cours des années 3 à 5. En outre, un prêt hypothécaire à taux variable offre plusieurs avantages supplémentaires :

  • Possibilité de passer à une durée fixe à tout moment (tant que la durée restante correspond) sans pénalité.
  • Possibilité de rompre le prêt hypothécaire ou de le refinancer, généralement avec une pénalité de 3 mois d’intérêts seulement, alors qu’une pénalité à taux fixe est souvent beaucoup plus élevée.

*En supposant un taux fixe de 4,99 % sur 5 ans contre un taux variable de 6,40 % sur 5 ans, avec une baisse de taux de 1,00 % à la fin de la première année et une autre baisse de taux de 1,00 % à la fin de la deuxième année, et un amortissement sur 30 ans.

Stratégie de « couverture » du groupe Vine

Compte tenu de l’incertitude entourant les taux d’intérêt, certains prêteurs offrent la possibilité de diviser votre prêt hypothécaire en plusieurs segments. Vous pouvez ainsi vous prémunir contre l’éventualité de nouvelles hausses de taux et profiter simultanément des avantages des taux fixes et variables.

Par exemple :

Pour un prêt hypothécaire de 500 000 $, vous pouvez choisir une durée fixe de 3 ans pour 250 000 $ et une durée variable de 5 ans pour les 250 000 $ restants.

202404-08

*En supposant un taux fixe de 5,29 % sur 3 ans contre un taux variable de 6,40 % sur 5 ans, avec une baisse de taux de 1,00 % à la fin de la première année et une autre baisse de 1,00 % à la fin de la deuxième année, et un amortissement sur 30 ans.

La stratégie de couverture implique un paiement mensuel total du prêt hypothécaire de 2 925 $. Toutefois, si les prévisions des analystes s’avèrent exactes et que les taux variables diminuent, la part variable diminuera également, ce qui se traduira par une mensualité moins élevée. Inversement, si les taux ne baissent pas comme prévu, la partie fixe de l’hypothèque offre une protection, garantissant des économies avec un taux initial plus bas.

À l’instar de la diversification d’un portefeuille d’investissement, cette stratégie vous permet de répartir le risque lié au taux hypothécaire, ce qui vous garantit des avantages quelle que soit l’évolution des taux d’intérêt, tout en réduisant votre exposition globale au risque.

Autres stratégies à envisager si vous envisagez de contracter un nouveau prêt hypothécaire ou si vous avez l’intention d’acheter une maison de campagne.
renouvellement à venir :

202404-09

La prochaine annonce de la Banque du Canada est prévue pour le 5 juin 2024.

Un examen financier est essentiel pour vous permettre de naviguer dans le climat actuel. Discutons et voyons comment nous pouvons vous aider, si ce n’est déjà fait.

Nous sommes tous dans le même bateau et nous en sortirons plus forts ensemble.

Retour en haut